Quelques recherches sur le tombeau de Virgile au mont Pausilipe | Page 3

Gabriel Peignot
c��l��br��s �� l'envi, mais leurs chants nous instruiraient peu sous le rapport historique; recourons plut?t aux ��crivains et aux voyageurs, qui dans leurs relations n'ont pas n��glig�� cet embellissement naturel du monument qui nous occupe. Quoique leurs r��cits ne soient pas unanimes sur l'histoire de ces lauriers, il est bon de les conna?tre.
Montfaucon dit, dans ses Antiquit��s , tom. V, p. 131, que l'on regarde comme une merveille ces lauriers n��s sur la coupole du mausol��e de Virgile, et qui semblent couronner l'��difice. Quoiqu'on en ait coup�� �� la racine deux qui ��taient les plus grands, ajoute-t-il, ils renaissent et poussent des branches de tous c?t��s. L'��difice est couvert de toutes parts de myrtes et de lierre, il semble que la nature ait voulu elle-m��me c��l��brer la m��moire du grand po��te. L'auteur ne dit rien de l'origine de ces lauriers, ils seraient donc aussi anciens que le tombeau.
Misson, dans son Nouveau voyage d'Italie, tom. II, p. 87, s'exprime ainsi: Quoique le mausol��e soit bati de gros quartiers de pierre, il ne laisse pas d'��tre presque tout couvert de broussailles et d'arbrisseaux qui y ont pris racine. On remarque entre autres un laurier qui est sur la cime, et, d'apr��s l'opinion commune, on a beau le couper et l'arracher, il revient toujours. Mais on n'a encore rien d��cid�� sur la vertu occulte qui cause cet effet surprenant, Virgile passant chez le peuple de Naples tant?t pour un magicien, tant?t pour un saint. Comme sorcier, disent les bonnes gens du pays, c'est lui qui, par art magique, a perc�� le mont Pausilipe; et il a fait bien d'autres prodiges. Comme saint, dit le jardinier, propri��taire du lieu o�� est le mausol��e, il allait tous les jours entendre la messe �� une petite chapelle dont on voit encore les d��bris dans le voisinage: L'anachronisme est un peu fort de la part de ce brave jardinier. Mais passons cette petite fac��tie au protestant Misson.
Selon le pr��sident de Brosses, savant dijonnais, qui a visit�� l'Italie en 1739, ?le tombeau de Virgile est tout solitaire dans un coin, au milieu d'une broussaille de lauriers dont le Pausilipe est farci, ce qui diminue un peu le prodige dont la nature avait honor�� le prince des po��tes en faisant cro?tre un laurier sur son tombeau. J'y trouvai, continue plaisamment l'auteur, une vieille sorci��re qui ramassait du bois dans son tablier, et qui paraissait avoir 80 si��cles; il n'y a pas de doute que ce ne soit l'ombre de la sibylle de Cumes qui revient autour du tombeau; cependant je ne jugeai pas �� propos de lui montrer ramum qui veste latebat.? Il para?t que le pr��sident a rapport�� la petite relique dont tous les voyageurs sont jaloux de se munir en quittant le tombeau.
Grosley de Troyes, dans ses Observations sur l'Italie, a donn�� plus de d��tails sur les lauriers en question; il nous apprend que ?la surface ext��rieure de la coupole qui termine le mausol��e de Virgile, offre un prodige c��l��bre dans le pays; c'est un laurier dont elle est exactement couronn��e. Cet arbuste n'a de nourriture que celle que ses racines cherchent dans les jointures des pierres. Tous les voyageurs en d��tachent, ou plut?t en arrachent des branches au moyen d'une corde �� l'extr��mit�� de laquelle on attache une pierre. Le flanc de la montagne o�� ce tombeau est situ��, loin d'avoir des arbustes de cette esp��ce, n'est couvert que d'ifs et de sapins. Cependant le laurier de Virgile, toujours vigoureux, toujours renaissant, se perp��tue et r��pare ses pertes journali��res. Il n'avait dans le XVIe si��cle qu'une tige unique qui occupait le milieu de la coupole, o�� elle avait sans doute ��t�� plant��e par quelque napolitain admirateur de Virgile. Vers le commencement du XVIIe si��cle, un sapin de la partie collat��rale de la montagne, renvers�� par le vent, donna de sa cime sur cette tige qu'il ��touffa. La nature semble avoir voulu r��parer cet accident en marcottant elle-m��me les racines comprim��es qui se sont ��tendues sur toute la surface de la coupole.?
L'un des collaborateurs du Voyage pittoresque de Naples et Sicile , tom. I, p. 83, ne s'��tend pas beaucoup sur l'arbrisseau, objet de nos recherches. ?Nous montames, dit-il, sur la vo?te du tombeau, nous y cherchames le laurier fameux et ne le trouvions pas; je commen?ai �� croire qu'il en ��tait de ce laurier comme de beaucoup de c��l��brit��s qui croissent, se perp��tuent et se racontent sur parole; cependant �� force de fouiller la terre, en ��cartant les ronces et les feuilles d'acanthe, nous trouvames le tronc du v��ritable laurier qui n'��tait pas encore mort, car il en sortait un tendre rejeton que je m��nageai, tout en coupant un morceau du vieux bois. Si j'��tais po��te, je dirais pourquoi j'ai eu du plaisir �� recueillir cette relique, mais je sentis que je la prenais avec une
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