Biographie des Sagamos illustres de lAmérique Septentrionale (1848) | Page 3

Maximilien Bibaud
faire du mal.
LUGUBRE, oiseau du Brézil dont le cri funèbre ne se fait entendre que
la nuit, ce qui le fait respecter des naturels, qui s'imaginent qu'il est

chargé de leur porter des nouvelles des morts. Léry, voyageur français,
raconte, que passant par un village, et ayant ri de l'attention avec
laquelle ils écoutaient les cris de cet oiseau, un ancien lui dit rudement:
Tais-toi, et ne nous empêche point d'entendre les nouvelles que nous
font annoncer nos grands-pères.
LUNE. Les Péruviens regardaient la lune comme la mère de leurs Incas.
Ils prétendaient aussi que les marques noires que l'on aperçois en elle,
lui ont été faite par une renard, devenu amoureux d'elle, et qui, ayant
monté ciel, l'embrassa si étroitement, qu'il lui fit ces taches à force de la
serrer.
MAMACOCHA, sous ce nom les Péruviens adoraient l'Océan. Acosta
apud Noël.
MANCO-CAPAC, législateur et dieu de ces peuples. Manco et sa
femme étaient les enfans du soleil. Cet astre les ayant chargés
d'instruire et d'humaniser les Péruviens, ils se mirent en route, et se
guidèrent au moyen d'une verge d'or. Arrivés dans la vallée de Cusco,
la verge s'abyma en terre, d'où ils conclurent que ce lieu devait être le
siège de l'empire. V. Pacha-camac.
MATCHI-MANITOU, esprit malfaisant des sauvages du Nord.
Plusieurs croyaient que les orages sont causés par l'esprit de la lune qui
s'agite dans les eaux. Ils jetaient alors dans la mer ce qu'ils avaient de
plus précieux dans leurs canots, croyant l'apaiser par ce sacrifice.
MATCOMECH, dieu de l'hiver chez les Iroquois.
MATILALCUIA, déesse des eaux chez les Mexicains. Elle était
revêtue d'une chemise bleue céleste.
MESSOU, déité qui répara les désastres causés par le déluge. Ce
Messou allant à la chasse, ses chiens se perdirent dans un grand lac, qui,
venant à se déborder, couvrit la terre en peu de temps; mais ce Dieu
changea d'autres animaux en hommes, et repeupla le monde.
OIROU, objet du culte des anciens Iroquois. C'était la première

bagatelle qu'ils voyaient en songe, un calumet, une plante, etc., etc.
OTKEE, selon les sauvages de Virginie, Otkon suivant les Iroquois,
était le nom du créateur du monde.
OUAHICHE, génie dont les prêtres iroquois prétendaient savoir le
passé, le présent et l'avenir.
OUIKKA, l'Eole des Esquimaux, fait naître les tempêtes, renverse les
barques, et rend inutiles les plus généreux efforts de ceux qui
conduisent les pirogues. Ceux qui découvrirent les premiers l'Amérique
n'avaient point avec eux de Camoëns. Dans la Susiade, par ce grand
poëte, lorsque Vasco de Gama est près de doubler le Cap des Tempêtes,
tout-à-coup, on aperçoit un personnage formidable qui s'élève du fond
des mers, sa tête souche les nues, les vents, les tonnerres sont autour de
lui, ses bras s'étendent sur la surface des eaux. Ce génie est le gardien
de cet Océan, dont nul vaisseau n'avait encore fendu les ondes. Il
menace la flotte, il se plaint de l'audace des Portugais qui viennent lui
disputer l'empire de ces mers, et leur annonce toutes les calamités qui
doivent traverser leurs entreprises. Cette fiction est une des plus belles
que l'on puisse opposer aux anciens.
PACHACAMAC, celui qui anime le monde, nom de l'être suprême au
Pérou. La terre était adorée sous le nom de Pachacamama.
PARADIS. Les mexicains pensaient que le ciel est placé près du soleil.
Dans ce séjour, les défenseurs de la patrie occupent le premier rang, et
les victimes immolées aux dieux, le second.
Les Floridiens apalaches croient que les âmes des bons prennent rang
parmi les étoiles.
PAWORANCE, c'est le nom que les Virginiens donnaient à leurs autels.
Avant l'arrivée des Anglais, le principal Temple était bâti dans un lieu
appelé Ultamus Sak. On y voyait trois grands bâtimens de soixante
pieds chacun et tout remplis d'images. On conservait les corps des rois
dans ces maisons religieuses où les prêtres seule et les princes avaient
le privilège d'entrer. Le Paworance était d'un crystal solide et si

transparent, que l'on pouvait voir au travers le grain de la peau d'un
homme. Les Virginiens respectaient beaucoup un petit oiseau qui
répète sans cesse le mot Paworance. Ils disaient que cet oiseau était
l'aîné d'un de leurs princes.
QUITZALCOAT, dieu du commerce chez les Mexicains. C'était leur
Mercure. On l'honorait particulièrement à Cholula, ville que l'on croyait
qu'il avait fondée.
SERMENT. Lorsque les Arkansas, sauvages de la Louisiane, juraient
ou fesaient quelque serment, ils prenaient un casse-tête, avec lequel ils
frappaient sur un poteau, en rappellant les beaux coups qu'ils avaient
faits à la guerre, et en promettant de tenir leur parole--(Noël d'après
Bossu).
SOLEIL. On peut ranger parmi les adorateurs du soleil les Floridiens
apalaches. Ils attribuaient à cet astre la création de l'Univers, et
racontaient, qu'ayant cessé de paraître durant vingt-quatre heures, son
absence occasionna un affreux déluge. Les eaux du grand lac Théomi
ayant
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