fréquemment adultéré par addition d'amidon. On
peut déceler assez facilement cette fraude en plaçant la valeur d'une
cuillerée à café de cacao dans une tasse d'eau bouillante. Le cacao
mélangé d'amidon a une tendance marquée à épaissir.
Malheureusement, certains cacaos contiennent des débris de coques;
lorsque ces débris sont finement moulus, seul l'examen microscopique
peut donner des renseignements certains sur leur présence.
Confitures et gelées.--L'amidon peut être décelé dans les confitures par
l'essai suivant: faire dissoudre une cuillerée à café de confitures dans
une demi-tasse à thé d'eau. Passer la solution à travers une mousseline
fine, et dans le liquide, ajouter goutte à goutte une solution de
permanganate de potasse, jusqu'à décoloration. Ajouter alors au
liquide une goutte de teinture d'iode; s'il y a présence d'amidon, on
obtiendra une coloration violette.
Pour rechercher la présence du glucose, dissoudre les confitures dans
de l'eau comme précédemment, passer à travers une mousseline, verser
le liquide dans un verre. Ajouter au moins son volume d'alcool fort. La
présence de glucose est indiquée par la formation d'un précipité qui
tombe au fond du récipient.
Légumes confits. Pickles.--Pour rechercher du cuivre dans ces
préparations, écraser un peu de ces produits avec une fourchette, et
introduire la matière dans une bouteille. Ajouter alors une solution
formée d'eau et d'ammoniaque à volumes égaux. Si les pickles
contenaient du cuivre, la solution ammoniacale prendra une teinte
bleue très sensible.
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Les Prix Nobel
On a souvent contesté l'utilité des récompenses académiques; il est
certain que, données aux intrigants et aux quémandeurs, elles ne
serviraient qu'à décourager les autres; il est non moins certain qu'elles
n'ont provoqué aucune vocation scientifique ni même excité le zèle des
chercheurs; celui qui donne sa vie à la science, la donne sans réserve;
il ne cherche que la double satisfaction d'esprit et de conscience, qu'on
éprouve à servir l'humanité et à s'approcher de la grande lumière du
Vrai. Il ne songe pas plus aux honneurs officiels que l'homme qui se
jette à l'eau pour sauver son semblable ne pense à la médaille de
sauvetage. Est-ce une raison pour leur refuser un bout de ruban ou un
brin d'honneur?--Or, parmi toutes ces récompenses, les prix Nobel se
sont fait une place à part non seulement à cause de leur valeur
pécuniaire, mais surtout parce qu'on voit en eux l'attestation la plus
haute et la plus impartiale du véritable mérite. Ces prix sont décernés,
pour la physique et la chimie, par l'Académie des sciences de Suède,
pour la médecine, par I'Institut Carolin de Stockholm, pour la
littérature par l'Académie de Stockholm, et pour l'oeuvre de la paix,
par une commission émanée du Storthing norvégien; ces assemblées se
sont toujours conformées aux prescriptions du testateur: «Ma volonté
expresse, dit Nobel dans son testament, est que, dans l'attribution de
ces prix, on ne tienne aucun compte de la nationalité, de telle sorte
qu'on décerne le prix au plus digne, qu'il soit Scandinave ou non». Je
puis attester qu'en ce qui concerne les sciences, le voeu de Nobel a été
exaucé: l'Académie des sciences de Suède, avant de se décider,
consulte toutes les compétences et s'entoure de tous les renseignements;
le public le sait, et c'est pour cela qu'il attribue aux prix Nobel la
valeur d'une consécration; sans pouvoir comprendre des travaux qui
dépassent souvent sa compétence, il est heureux d'en honorer les
auteurs. Il est de fait que les plus belles oeuvres scientifiques planent
souvent dans des régions peu accessibles au grand public; à essayer,
par exemple, de lui faire comprendre tout le mérite et la haute portée
scientifique d'un Sabatier, qui fut lauréat en 1912, on risquerait fort de
ne pas être compris. On serait plus embarrassé encore s'il fallait lui
faire comprendre les vertus mirifiques du réactif «organomagnésien»
de M. Grignard qui permet aujourd'hui au chimiste de faire des
merveilles; pourtant les méthodes qu'il a inaugurées sont tellement
universelles que les chimistes allemands disent couramment
grignardiser, (grignardiren), comme nous disons oxyder ou sulfater.
Ainsi voilà des oeuvres d'une capitale importance qui sont condamnées
à rester inconnues, en dehors du monde des spécialistes, et le public,
qui se pâme devant la grimace d'un mime ou le portrait d'un athlète,
n'aurait même pas entendu prononcer les noms des plus grands savants
de notre époque! Eh bien, grâce aux prix Nobel, il connaîtra au moins
ces noms; un jour, sans doute, il sortira des travaux de Grignard ou de
Sabatier quelque antipyrine ou quelque pyramidon utilitaire; mais on
saura, du moins, que si l'argent va aux uns, l'honneur, reste aux autres;
et, comme disait Coppée, je ne trouve pas cela si ridicule. (A suivre).
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Annonces diverses
Avis.--Les personnes qui auraient déposé au Bureau du Journal, à la
Mairie, des réponses aux annonces parues dans les numéros antérieurs à
celui du dimanche 30 avril, sont priées de les renouveler, car

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