sais pas....
--Mais vous ��tiez fianc��s?...
--Je devais l'��pouser dans un mois.
--Dans un mois?
--Oui, tout ��tait d��cid��, conclu, arrang��, �� la Madeleine, devant Paris tout entier, qui e?t ��t�� jaloux de mon bonheur, qui l'e?t envi��; qui n'e?t pas ��t�� jaloux, qui n'e?t pas envi�� l'homme qui avait le bonheur supr��me, le bonheur surhumain, surnaturel, d'��tre l'��poux de Laurence? Tu la connais, toi, tu sais comme elle est belle! Tu sais que jamais peut-��tre mortelle aussi radieuse, aussi parfaite, aussi rayonnante, faite de tant de lumi��re et de r��ve, n'a foul�� encore le sol boueux de cette terre fl��trie. Tu l'as admir��e souvent.
--Oui, fit Mareuil, elle est tr��s belle.
--Tr��s belle! Et aussi bonne que belle, l'ame aussi lumineuse que son corps de soleil. C'est-��-dire que je ne vis vraiment, que je ne comprends la vie que depuis que je l'aime, et depuis que je m'en croyais aim��!
--Il y a longtemps que vous vous connaissez?
--Deux ans bient?t.
--Deux ans!
--Je l'avais aper?ue un soir, dans un salon.... C'��tait la premi��re fois, ai-je su depuis, qu'elle venait dans le monde. Jusque-l��, le couvent avait abrit�� toutes ses perfections. Elle ��tait venue avec sa grand'm��re. Je ne connaissais ni sa grand'm��re ni elle. Je ne pus donc pas lui parler. Mais je ne cessai pas, toute la soir��e, de r?der autour d'elle. Je ne pouvais pas d��tacher d'elle mes yeux extasi��s. J'appris qui elle ��tait, qu'elle se nommait Laurence de Fr��milly, la derni��re descendante d'une grande race. Elle avait dans les yeux, sur les traits, la distinction, la grace des femmes de sa famille dont quelques-unes avaient fait envie �� des rois. Et, d��s ce soir-l��, je me dis qu'il serait bien heureux celui qui, un jour, attirerait sur lui ses regards ... qui serait choisi par elle. Je n'osais pas penser �� ce que serait le bonheur d'en ��tre aim��. Mais jamais, au grand jamais, l'id��e ne me vint que je pouvais ��tre cet homme. Je me sentais si loin d'elle ... si loin de cette puret��, de cette grandeur, par l'indignit�� de ma vie! Tu sais quelle vie j'ai men��e, livr��e �� toutes les dissipations, �� toutes les d��bauches, la vie des jeunes gens riches d'aujourd'hui, joueurs, amis du plaisir.
--Comme moi, dit Mareuil.
--Comme nous tous. Tu n'es ni meilleur ni plus mauvais qu'aucun de nous.... Et je ne songeais pas, tu le penses bien, au mariage ... au mariage avec personne ... moins encore avec elle, qui, je le supposais bien, ne voudrait jamais de moi, n'��tait pas faite pour moi.... Et je songeais �� ne plus la revoir, �� l'oublier.... L'oublier! Etait-ce possible?... Quand je fus rentr�� chez moi, ��loign�� d'elle, elle ��tait plus pr��sente �� mon esprit ... plus entr��e en moi, pour ainsi dire, que lorsque je l'avais sous mes yeux. Je ne pouvais pas d��tacher d'elle ma pens��e ... chasser de devant mes yeux l'��blouissante vision qui y ��tait rest��e ... et sur laquelle seule, maintenant, ils s'ouvraient. Tout mon ��tre ��tait poss��d�� par elle, d��j�� ... et ne devait plus se reprendre.... As-tu aim��, Mareuil?
--Jamais comme ?a, dit le jeune homme, qui sourit.
--Alors, poursuivit Br��court, tu ne peux pas me comprendre.... Tu ne me comprendras jamais....
--Je n'essaie pas, dit tranquillement Mareuil.
Il avait remu�� le feu, rallum�� les b?ches.
Il prit dans une bo?te un cigare, car l'histoire, il le voyait, mena?ait d'��tre longue.
Et il en offrit un �� son ami.
Celui-ci refusa, inconscient, sans se rendre compte, tout entier �� la passion qui le poss��dait et l'exaltait.
--Non, poursuivit-il, tu ne me comprendras pas, tu ne me comprendras jamais. Enfin, �� partir de cette soir��e, et sans savoir si je reverrais jamais celle qui ��tait l'objet d'un tel amour, j'aimai ... Mareuil, j'aimai comme un insens��, comme un fou.... C'est �� cette ��poque, et sans m��me que j'eusse au coeur aucun espoir, que vous avez remarqu�� dans mon existence ce changement qui vous a tant surpris.
--Que tu as lach�� la grande Marmor?
--Et toutes mes habitudes ... les soupers ... le jeu ... les th��atres.
--Nos r��unions au Grand-Seize?
--Tout.
--Enfin, que tu es devenu l'ermite que tu es?
--Que je me suis efforc�� d'��tre....
--Pendant longtemps, on s'est demand�� quelle mouche te piquait. On a fait courir m��me le bruit que tu ��tais ruin��.... Et plus tard on a compris, quand on a connu ta passion....
--Et qu'a-t-on dit?
--Encore un homme �� la mer!... Et tout de suite on a pens�� que cela finirait par un mariage. Du reste, on ne s'��tonnait pas trop, car Laurence est vraiment une femme qui n'est pas �� d��daigner.... Et tu dis que c'est fini?
--Fini sans espoir, fit Br��court avec un geste plein d'un tel accablement, que de nouveau son ami eut piti�� de lui....
--Mais pourquoi?
--Je vais te raconter ce qui s'est pass��, mais je ne te l'expliquerai pas, car moi-m��me je n'y comprends rien et je m'y perds. J'ai ��t�� tellement assomm��

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